Histoire pour une Eglise

Restauration de l’église Saint Jean de Vergt
 
Extrait des registres des délibérations du Conseil Municipal du 28 avril 1808:
Le Conseil Municipal est informé que M. le préfet de Dordogne approuve les projets de réparation de l'église Saint Jean. Une pétition fut présentée par Pierre Delage, propriétaire, habitant de « Ponromieu »; elle rappelait que par procès-verbal du 11 messidor an 12, Monsieur Pierre Dumartin, maçon, avait été adjudicataire pour les réparations à entreprendre dans l'église de Vergt, qu'il lui servait de caution solidaire, mais que cet individu ne pouvait réaliser l'ouvrage qu'il avait entrepris pour la somme indiquée. Le Conseil Municipal, sous la houlette de M. Laterrière, maire de la commune, après délibération, considère que la somme de 1878 francs montant du prix de l'adjudication, était plus que suffisante pour terminer, sans perte de temps les travaux entrepris. En fait, Monsieur Dumartin, le maçon fréquentait trop le « cabaret », et pas assez l'église, et quand il était dans la seconde, il était trop pénalisé par son passage dans le premier pour que les travaux puissent être réalisés de manière convenable dans les délais prévus. L'église de Vergt devra encore attendre pour être restaurée.
 
Le 25 octobre 1819, le Conseil Municipal se réunit, en la maison du maire, à 3 heures de l'après midi, pour procéder à l'examen des comptes de la commune des années précédentes, le percepteur étant détenteur de ceux de l'année en cours. En raison des observations faites sur le budget 1819, Monsieur Laterrière indique qu'il a fait procéder à l'état des dépenses qu'exigeaient les travaux projetés. Il en résulte que la construction d'une tribune, la réfection du pavé de l'église en « quartelage », et l'enlèvement du berceau qui concourent à la dégradation de cet édifice, seront effectués dans le meilleur des délais. Le montant des travaux s'élevant à 1899 francs et 90 centimes, sans compter les journées gratuites de travail offertes par les habitants du village, fera que ces travaux de réfection pourront être réalisés dans le courant de l'année 1820. A l'époque, il était normal de payer l'impôt par des journées de travail en faveur de la commune et l'évaluation de ces journées étaient différentes selon que l'on y venait avec ses propres outils, ou animaux qui pouvaient être également réquisitionnés.
 
Le 4 janvier 1835, eut lieu une réunion du Conseil Municipal, au presbytère, pour constater l'état de l'église. Il y a très longtemps, trop longtemps que cette église souffre de besoins de restauration. Des plaques de plâtres se détachent du plafond, risquant de tomber sur les fidèles, les murs s'écartent sur le poids de la toiture et des ans, et elle s'avère trop petite pour recevoir des fidèles de plus en plus nombreux. Finalement, il apparaît nécessaire de reconstruire notre église. Les revenus de la fabrique étant très insuffisants, ne permettent pas la réalisation d'un tel projet. Dès lors, des démarches administratives furent entreprises pour solliciter de l'aide de l'Etat.
Le 9 décembre 1840, une bonne nouvelle arrive directement à la fabrique: Une lettre du ministre des cultes promet une aide de 1.000 francs pour contribuer aux réparations de l'église.
Le 25 mars 1840, le ministre des cultes qui avait été à nouveau sollicité, promet une aide supplémentaire de 5.000 francs. Bien que la somme globale de 6.000 francs soit insuffisante, elle encourage le Conseil Municipal à imaginer la reconstruction d'une église et le Conseil se met à la recherche d'un terrain disponible. Cette église construite en l’an 1156 sera démolie en 1842.
 

Eglise de Sainte Marie de Vergt
 
 La commune de Sainte Marie et celle de Saint Jean de Vergt étaient restées rivales, tout était prétexte à querelles de voisinage et l'implantation de cette nouvelle église n'allait pas faillir à la tradition. On se souvient des premiers jours de la Révolution, un prêtre était resté fidèle au roi et à son église, tandis que l'autre suivait le mouvement révolutionnaire, cela avait exacerbé la naturelle agressivité des Sans-culottes à l'égard des nobles de cette commune. On se souvient également de la réquisition de la maison presbytérale pour y établir le magasin militaire, cela fut également un sujet de discordes; et maintenant la préfecture ordonne la fermeture de l'église et le déménagement du mobilier.
Monsieur Petit, maire, soutenu par toute sa commune, ne souhaitait pas la désaffection complète de son église et encore moins du mobilier, il voulait que l'église, où tant d'anciens avaient des souvenirs, reste une chapelle où puissent être célébrés quelques offices dont les enterrements. De nombreuses pétitions soutinrent cette proposition, d'autant que le site de Saint Jean est réellement très éloigné pour que chacun puisse aisément assister au culte, notamment les gens des campagnes. Monsieur Petit, maire de Sainte Marie, sollicita l'aide du préfet, lui faisant valoir que bon nombre des habitants allaient être fort désavantagés, notamment parce que l'état des chemins, impraticables par mauvais temps, rendait le transport des morts aux offices religieux quasi impossible et périlleux. Malheureusement, le préfet restera inflexible, et cette église Sainte Marie, bâtie en 1317, dont l'utilisation devenait dangereuse faute d'entretien depuis de très nombreuses années, sera finalement détruite en 1833.
 

Reconstruction de l’église Saint Jean
 
Le 28 septembre 1839, le conseil municipal de la ville de Vergt s'est réuni, en assemblée extraordinaire, pour décider de la mise en application des instructions du préfet concernant la construction de  la nouvelle église.
En présence de MM. Grellety, Bruneteau, Dutard, Bruneaud, Trasrieux, Frut, Bariet, Chinouilh, et Coste, MM. Pérruque et Roux étaient absents, Monsieur Dumonteilh, le maire, fit lecture d'une lettre de la préfecture qui informait la commune que Mr l'évêque de Périgueux avait été désigné pour trouver le terrain sur lequel serait bâtie la nouvelle église, à charge pour le Conseil Municipal de faire des propositions.
L'emplacement de l'ancienne église fut évoqué, elle était située au milieu de la place, mais il s'avérait qu'une reconstruction en cet endroit serait inesthétique pour les maisons alentour. Monsieur Dumonteilh proposa alors son jardin comme emplacement, il était situé entre le ruisseau et la maison Maillard, à proximité de la place où se trouvait l'ancienne. Et déjà, à l'époque, quand on hésite sur les solutions, et qu'on veut limiter sa responsabilité, le Conseil Municipal décide de nommer un expert pour choisir le terrain avec la surface nécessaire pour recevoir l'édification de la nouvelle construction.
 
L'ancienne église devra être démolie, ce qui laissera un espace qui sera utilisé pour la création d'une grande place du village (actuelle place Saint Jean). M. Dumonteilh, maire, indique à la "fabrique" que l'emplacement de l'ancienne église deviendra la propriété de la commune. Cette proposition recueillit l'unanimité du Conseil Municipal. Finalement, le choix du jardin de Mr. M. Dumonteilh fut retenu, les travaux devront commencer en 1841. C’est  à une entreprise d’Alles-sur-Dordogne que sera confiée la reconstruction de l’édifice pour un montant de 4.000 francs. Les difficultés commencèrent très rapidement, et les travaux furent suspendus en 1842, pour cause de malfaçon et manque d'argent.
 Le 8 juin 1842, Mr Louis Raphaël Justin de Fayard, maire de la commune de Chalagnac vint au secours de ce projet et alloua un prêt de 6.000 francs, remboursable en dix ans,  et destiné à solder les travaux de l'église de Vergt. Un contrat fut signé devant Maître Hilaire Léon Gilles Lagrange, notaire à Périgueux, pour stipuler les conditions de ce prêt accepté par Mr Lupin Labat, maire de Vergt.
Il faudra recourir, en 1843, à une nouvelle adjudication qui portera sur les plafonds, les voûtes et les linceuls, soit un total de 500 mètres carrés, pour la somme de 7.540 francs; ce marché sera remporté par Jean Cussac domicilié à Vergt. En outre, il s'engage à terminer les travaux pour le 1er juillet prochain; Mr le maire souligne que le non respect des délais aurait des conséquences graves pour la suite du chantier.
Mais apparaissent de nouveaux problèmes, essentiellement financiers pour la commune, ainsi, d'une part, une rallonge de 2.000 francs est nécessaire, mais son financement doit être imputé sur le budget de l'année suivante, et, d'autre part, la préfecture n'autorise plus la commune de recourir à  de nouveaux emprunts pour financer la construction du clocher.
La consécration solennelle de l’église de Vergt se fit le 27 juillet 1843. Jaques Boé alias Jasmin, poète occitan, troubadour Agenais, vint à Vergt, sur invitation de l’évêque de Périgueux, récolter des fonds pour terminer le clocher de l’église. Cette journée du 27 juillet fut une réussite parfaite. Toutes les personnalités ecclésiastiques étaient là…Mgr Gousset, ancien évêque de Périgueux de 1835 à 1840, archevêque de Reims, cardinal en 1850, et les évêques de Périgueux, Tulle, Poitiers, Angoulême etc.
Au banquet, après l’office, Jasmin lut « Lou Preste sans gleyzo » (le prêtre sans église), « Lo gleyzo descopelado » (l’église décoiffée). Jasmin quêta dans le chapeau de l’abbé Masson, curé de Vergt (1802-1881)
 Puis Mgr Bertaud, évêque de Tulle présida en 1855 la bénédiction des cloches de l’église de Vergt. Le curé Masson, débiteur de la commune, sera aidé en reconnaissance des services rendus, du magnifique travail accompli pour la réalisation de son église.
Le 5 mai 1861, le fronton qui soutient le clocher n’a jamais été complètement terminé, un architecte de la commune constate cette anomalie qui pourrait avoir des conséquences graves.
Le 8 novembre 1869, le ministre des cultes accorde une aide de 1000 francs pour terminer les travaux du clocher. La reconstruction de l’église de Vergt aura commencé en 1841 pour se terminer en 1869.