La fondation de la bastide ne se limite pas à la création d’un nouveau bourg. Une charte organise la vie de ses habitants, définit leurs droits et fixe les règles de cette nouvelle communauté. Elle comptera finalement 84 articles.

Des règles pour la nouvelle cité

La charte constitue en quelque sorte le règlement de la bastide. Elle encadre de nombreux aspects de la vie quotidienne : la propriété, le commerce, la vie sociale, mais aussi la circulation des chevaux.

Son application relève du bayle, représentant de l’autorité comtale. Les infractions peuvent donner lieu à des sanctions et à des amendes parfois importantes.

Mais la charte ne fixe pas seulement des obligations. Elle reconnaît également des droits et des libertés aux habitants.

Des terres pour bâtir et cultiver

Les comtes du Périgord accordent aux nouveaux habitants des terrains leur permettant de construire leur habitation. Les documents historiques évoquent des parcelles d’environ 100 m², concédées contre six deniers.

L’organisation régulière de ces lots participe au quadrillage caractéristique de la bastide et contribue à placer les habitants dans une situation comparable face à l’impôt et à l’autorité.

À ces parcelles urbaines s’ajoutent des terres à défricher autour de Vergt. L’objectif est double : permettre aux habitants de subvenir à leurs besoins et mettre en valeur de nouvelles terres agricoles.

Une charte qui évolue pendant plus d’un siècle

La charte n’est pas un texte figé lors de la seule fondation de 1285.

Entre 1285 et 1396, elle est confirmée et complétée à plusieurs reprises par les comtes du Périgord. Les dispositions accordées aux habitants deviennent progressivement plus libérales.

Le texte atteint finalement 84 articles. Le dernier affirme la possibilité de recourir au droit dans tous les cas, témoignant de la place prise par les règles écrites dans l’organisation de la communauté.

La charte accompagne ainsi la transformation de Vern en une véritable cité, dotée de droits, de règles et d’une organisation collective.